13/06/2014

Un particulier commande la réfection d’un mur séparatif écroulé, mais celui-ci se révèle en cours de construction ne pas respecter les limites séparatives résultant d’un bornage contradictoire.

Il demande à l’artisan de rectifier la partie déjà construite, mais celui-ci abandonne le chantier.

Après avoir été assigné devant le TGI, l’artisan sans mandater d’Avocat accepte de refaire le mur dans un certain délai, moyennant quoi un désistement avait été convenu.

Il démolit le mur existant, mais avant reconstruction le géomètre est à nouveau mandaté.

Celui-ci révèle un faible débordement subsistant pour 15 cm, qu’il est demandé à l’artisan de reprendre.

Celui-ci refuse, constitue Avocat, et soutient par son intermédiaire n’avoir jamais eu connaissance de la nécessité de respecter les bornes de géomètres, lesquelles n’auraient pas été apparentes, devant seulement reconstruire un mur déjà existant.

Contre toute attente, le Tribunal de Grande Instance valide cette thèse et déboute le demandeur.

Celui-ci, qui avait entièrement payé la réalisation d’un mur non exécuté et démolis par les soins de l’artisan, mandate notre cabinet pour interjeter appel.

La Cour d’Appel infirme fort heureusement ce jugement, et condamne l’entrepreneur à réparer le préjudice subi en rappelant que :

– L’engagement de démolir et reconstruire est un véritable contrat qui oblige celui qui s’est lié.

– Qu’un tel engagement implique la reconnaissance d’une faute interdisant à celui qui l’a souscrit de se contredire par la suite.

– Qu’il appartient à tout professionnel de la construction de s’enquérir des limites de propriété s’agissant de réfection d’un mur séparatif, quand bien même les bornes ne seraient pas apparentes.

Il convient de se féliciter de cette décision qui rappelle le principe de bonne foi élémentaire en droit des contrats, et les obligations qui pèsent justement sur tout professionnel réputé connaître le droit dans son secteur d’activité.

JEAN-CHRISTOPHE BONFILS – AVOCAT

À voir aussi : Droit immobilier et Responsabilité civile, Droit des contrats

F.A.Q

Quel est le juge compétent au regard de la matière ?

Le juge compétent en fonction de la matière dépend de la nature de l’affaire :

Pour les litiges civils de la vie courante, c’est le tribunal judiciaire civil qui est compétent : en procédure orale jusqu’à 10 000 €, et en procédure écrite au-dessus de 10 000 €.

Pour les saisies et l’exécution des décisions de justice, c’est le juge de l’exécution.

Pour les litiges du travail, ce sont les conseils des prud’hommes.

En matière de conflits familiaux et de séparation, c’est le juge aux affaires familiales.

Pour protéger les mineurs en danger, c’est le juge des enfants.

Pour juger les mineurs poursuivis pénalement, c’est le tribunal pour enfants.

Pour juger les majeurs poursuivis pénalement, c’est le tribunal correctionnel.

Entre commerçants, c’est le tribunal de commerce.

Pour les plaintes en matière pénale, c’est le Procureur de la République, ou s’il n’a pas donné suite à cette plainte, le Juge d’instruction près le tribunal judiciaire.

Toutes ces juridictions sont regroupées au sein du tribunal judiciaire de chaque ressort géographique.

Quel est le juge compétent en fonction du lieu ?

La compétence géographique de base, c’est le tribunal qui correspond au domicile du (ou d’un) défendeur.

En matière contractuelle, on peut choisir par exception le tribunal du lieu d’exécution du contrat.

En matière délictuelle (faute civile comme un accident), on peut choisir le tribunal du lieu des faits.

En matière de succession, c’est toujours le dernier domicile du défunt.

Comment exécuter une décision de justice

Vous devez transmettre l’original d’une décision de justice exécutoire à un commissaire de justice ; le principe est dorénavant l’exécution provisoire systématique, même en cas d’appel.

Le commissaire de Justice est un professionnel chargé d’exécuter les décisions de justice, il dispose de différentes voies d’exécution, comme la saisie bancaire ou immobilière.

L'assistance par un Avocat est-elle obligatoire ?

Elle ne l’est pas dans toutes les procédures, même si l’obligation de représentation par un Avocat a été considérablement étendue.

La représentation par un Avocat est obligatoire par principe devant le tribunal judiciaire, même en référé, sauf dans certaines matières précises en dessous de 10 000 € comme le contentieux électoral.

La représentation par avocat est obligatoire devant le juge de l’exécution au-dessus de 10 000 €.

Au tribunal de commerce, y compris en référé, la représentation par avocat est aussi obligatoire au-dessus de 10 000 €.

La représentation par avocat n’est pas obligatoire devant le Juge Aux Affaires Familiales SAUF en matière de divorce, séparation de corps, et liquidations patrimoniales.

Au conseil des prud’hommes, l’Avocat n’est pas obligatoire en 1ère instance, mais en appel oui.

En matière pénale, l’assistance par un Avocat n’est pas obligatoire SAUF pour la CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité), devant une Cour d’Assises, et pour les mineurs.

Quelle responsabilité en cas d'accident de la circulation ?

Le conducteur responsable ne peut pas opposer la force majeure ou le fait d’un tiers à la victime pour la priver d’indemnisation. La seule cause d’exonération pour le conducteur est la faute de la victime, selon qu’elle a la qualité de conducteur, ou non.

La victime non conductrice peut se voir opposer sa propre faute uniquement dans deux hypothèses :

1. Elle a volontairement recherché le dommage (la victime a tenté de se suicider).

2. Lorsque la faute de la victime est inexcusable et cause exclusive de l’accident.

Dans ce cas, le conducteur est totalement exonéré, et ne doit aucune indemnisation SAUF exception : la faute inexcusable n’est pas opposable aux victimes non conductrices de moins de 16 ans, et de plus de 70 ans ou ayant un taux d’invalidité d’au moins 80%.

Lorsque la victime à la qualité de conducteur, l’exonération de l’autre conducteur impliqué pourra être partielle ou totale en fonction du degré d’implication de la faute de la victime dans la réalisation de son préjudice.

S’agissant de l’indemnisation des dommages matériels, toutes les victimes peuvent se voir opposer leur faute par le conducteur dont le véhicule est impliqué, pour limiter ou exclure l’indemnisation.

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